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1. Le début.

  • Je m'appelle Émy
  • 24 août 2024
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : 10 oct. 2024




J'étais dans le début de ma vingtaine et j'avais toujours eu des chiens. Mes parents et mon oncle avaient toujours payé pour eux. Naïvement, je croyais que c'était presque gratuit de les faire vivre.

J'avais un diplôme, un nouveau job, près de vingt mille dollars de dette d'étude et de consommation, un appartement qui acceptait les chiens, et j'ai décidé d'adopter un chiot.

Quoi de plus naturel? J'imaginais savoir comment l'élever et je m'imaginais déjà courir avec lui quatre fois par semaine, le vent dans les cheveux.

Mon salaire rentrait. Je vivais, approximativement, de paye en paye. La majorité du temps, j'ignorais le solde de ma carte de crédit et de mon prêt étudiant. Mes parents m'avaient appris un dicton de leurs crus : '' Quelqu'un sans dette est une personne riche''. À ce moment, je croyais être en paix avec le fait d'être pauvre. Je payais le solde minimum de ma carte de crédit et faisait les payements de ma marge... Un conseiller financier m'aurait probablement aidé dans cette période, mais je l'ignorais. Honnêtement, je croyais que c’était des services uniquement pour les gens avec des placements. Oups!

J'appelais à l'occasion pour augmenter ma limite de carte de crédit. Ignorant l'impact sur ma cote de crédit, et qu'il y aurait une limite à ce que je pouvais emprunter. Mon salaire n'était pas régulier. Parfois je travaillais 14 jours consécutifs, parfois seulement deux jours en deux semaines.

Tant pis, je voulais vivre. J'avais étudié huit années postsecondaires, j'étais prête pour dépenser le fruit de mes efforts. J'ai fait comme la plupart des gens. J'ai acheté un peu plus de 3000$ d'électroménager neuf sans intérêt payable en 36 versements, et un nouveau cellulaire assorti d'un forfais à 86$/mois.

Dans le même ordre d'idée, j'ai adopté un chien. Les assurances pour animaux n’existaient pas à l'époque, et l'idée qu'il puisse lui arriver quelque chose ne m'a même pas effleuré l'esprit. J'étais optimiste, j'imaginais savoir comment élever un chien. J'étais convaincue que ce serait facile et pas trop cher. Après tout, on allait être les meilleurs amis du monde, comme avec tous mes chiens précédents.

Un matin, après seize heures de travail consécutif, je suis rentrée chez moi. En ouvrant la porte, j'ai toute de suite su que quelque chose n'allait pas. La poubelle était éventrée partout sur le tapis du salon, mes boucles d'oreille étaient manquantes et du fromage avait disparu. Pour fin de précision, mon chiot est intolérant au lactose. Je vous épargne la description du pauvre tapis.

Mais mon chiot, lui, il n'allait vraiment pas bien. Mais vraiment pas. J'ai appelé une amie et on a foncé à la clinique vétérinaire. Il a reçu des soins en urgence.

Les heures sont passées et la facture a explosé.

Verdict: positif, mon chien allait survivre. Ses médicaments coûtaient 300$ plus les soins, le total, un peu plus de 800$.

J'ai appelé ma banque, ma carte était trop pleine. Ma marge transformée en prêt personnel entre-temps ne pouvait plus fournir de liquidité.

Mais c'est quoi ça, une marge qui devient un prêt personnel ?! Je ne comprenais rien. La personne au bout du fil tentait de m'expliquer qu'après six mois, la marge de crédit étudiante devenait un prêt, qu'il fallait rembourser (ha bon?) et que je devais prendre une entente avec mon conseiller (qui?). Par contre, j'ai compris une chose. En gros, je n'avais pas les moyens de payer les soins vétérinaires.

J'avais honte. Je voulais disparaître sous terre. Comment j'allais payer les 800$?! Mon amie, pas plus riche que moi, mais beaucoup plus sage, m'a proposé de payer avec une entente de remboursement écrit sur un bout de papier avec le stylo de la technicienne vétérinaire. Ce que j'avais honte!

Ce soir-là, après avoir arraché le tapis du salon et l'avoir envoyé valser dans les poubelles, je n'ai pas pu dormir. Mon chiot faisait la même tête que moi. On était tous les deux épuisés. On avait eu chacun une dure leçon de vie. On ne doit pas manger n'importe quoi, et on doit toujours avoir un fonds d'urgence.

Si mon amie n'avait pas été là, mon chiot serait décédé ce jour-là. J'aurais manqué cruellement à ma promesse de prendre soin de lui. Il m'a aussi fait réaliser que je n'aurais pas pu être là pour moi-même si j'avais eu un accident dentaire ou une difficulté de santé.

J'ai remboursé le 800$ en 16 mois à mon amie. 25$ par paye. 25$ de honte pendant 16 mois. J'ai aussi pris une entente pour le remplacement du tapis... La tête du responsable quand j'ai dû avouer ne pas pouvoir rembourser sur-le-champ la dégradation de mon loyer. Aille! Mais, j'ai choisi que, quoi qu'il arrive, j'aurai un fonds de prévoyance à l'avenir et une assurance habitation comprenant une assurance responsabilité. J'aurai assez d'argent pour être une adulte responsable, responsable de moi, de mon appartement et de la boule de poil qui dormait sur moi.


C'était le début. Je venais de comprendre que l'argent était un moyen.

Et vous? Avez-vous vécu un moment de prise de conscience budgétaire?



Vous vous reconnaissez? Voici ce qui m'aide :
















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