top of page

10. La job, ses revers et ses concessions

  • Je m'appelle Émy
  • 4 févr. 2025
  • 5 min de lecture


  Une réorientation de carrière, c’est complexe. Pour moi, le plan n’est pas encore clair. Après plusieurs années, je cherche toujours une nouvelle orientation à explorer. Un fillon à exploiter.

 

J’ai abandonné un domaine que j’adorais dont les conditions étaient difficiles pour une meilleure qualité de vie. Vous connaissez la chanson. Une possibilité non garantie d’améliorer mon sort. Le connu pour l’espoir. 

 

C’est dans ce contexte que j’ai abordé le sujet chaud du « plan de carrière » avec Gestionnaire 1 (G1). Ma demande était à la fois très simple et très floue. « J’ai envie de plus de responsabilités et d’un meilleur salaire ». 

 

J’ai, bien entendu, fait des démarches avec Conseiller en Orientation. Mais, force est de constater que mes valeurs premières : la santé, l’environnement et l’équité, … ne sont pas tout à fait les domaines les plus lucratifs. J’ai dû faire des choix. Mes besoins et projets qui me tentaient le plus à cœur nécessitaient certaines concessions afin d’être atteints. Un meilleur salaire, une certaine stabilité, une vie de jour contre un travail plus routinier et moins stimulant. Je me dis que plus mon indépendance financière arrivera rapidement grâce à cette concession, plus j’aurai la possibilité, tôt, de faire du bénévolat pour la sécurité alimentaire, d’aider l’OBNL de mon choix à temps plein, ou encore de me lancer dans un projet de protection de l’environnement de grande complexité. Un genre de "charité bien ordonné commence par soi-même". 

 

Donc, ce plan de carrière dans mon nouveau domaine financier est… À l’opportunité. Je n’ai pas de vision précise, je ne suis pas attachée à un poste en particulier. J’y suis pour bien travailler, apprécier les conditions de travail, faire ma part, socialiser avec les collègues sympas et mais surtout pour économiser le plus possible pour financer mes projets futurs en lien avec mes valeurs. 

 

C’est dans cet ordre d’idée un peu utopique que j’ai discuté, cartes sur table, avec G1.

G1 m’a suggéré à plusieurs reprises d’appliquer sur un poste en centre d’appel. Populaire dans le domaine financier, c’est selon G1, une bonne école pour le service client et acquérir de l’expérience pertinente et applicable dans notre équipe aux postes supérieurs. 

En gros, pour G1, si je veux progresser, c’est l’endroit où aller. 

 

Je n’aime pas le service client. Je suis d’une nature plutôt réservée et je trouve souvent difficile de m’affirmer et mettre mes limites… Pourtant, G1 m’a souvent vanté les mérites de ce genre de poste et m’a fortement poussée vers cette position. 

 

Pour la suite, j’écrirais sans filtre. Gardez en tête qu’une multitude de nuances et de perceptions sont en jeu, et que chacun a ses raisons et points de vue, et qu’ils sont tous valables dans cette histoire.

 

J’ai postulé sur le poste de niveau supérieur qui a ouvert dans mon équipe. Je ne l’ai pas eu. C’est une autre personne nouvellement arrivée dans l’équipe qui l’a eu. Cette situation m’a fait énormément de peine. Je croyais sincèrement avoir prouvé ma valeur. Malheureusement, G1 m’a expliqué que n’ayant pas les bons diplômes (diplôme en santé plutôt qu’en finance/économie), il n’était pas possible pour moi d’obtenir le poste malgré mes années dans cette équipe et les tâches que j’avais déjà faites reliées au poste. 

 

Suite à cette déconfiture, G1 a réabordé le sujet carrière. C’est dans ce contexte de déception que j’ai décidé de me retrousser les manches et de postuler au service client de la compagnie. S’il fallait le faire pour avancer, alors, j’essaierai. Je me suis dit que, bien, on n’avance pas sans un peu de courage dans la vie. Ce n’était pas ma tasse de thé, mais que je me boucherais le nez le temps d’apprendre et d’acquérir assez d’expérience nécessaire pour décrocher un poste plus intéressant et épanouissant intellectuellement, comme j’en avais envie.

 

G1 m’a expliqué avoir parlé souvent avec GestionnaireServiceClient(GSC) et m’a confirmé que GSC était intéressé par mon type de candidature plutôt… Atypique. Qu’en somme, j’avais des chances. Je travaillais avec les mêmes systèmes, j’expliquais bien, j’étais patiente, etc. 

 

La vie dans l’équipe de G1 était plus difficile ces derniers temps. Il y a énormément de pression, et toute l’équipe la ressent. Les journées s’allongent, le micro-management apparaît ici et là, le stress monte, les enjeux sont plus complexes, et tous ont moins de temps et de support pour y répondre.

 

C’est un contexte, comme dans bien des milieux, de compression budgétaire. Plus, plus vite, plus efficace, plus exigeant. Rien de surprenant. 

 

En somme, j’ai choisi de postuler ailleurs. Défausser sa main pour piéger cinq nouvelles cartes 🃏. À deux postes spécifiques : un avec Gestionnaire2, équipe sympa, mandat intéressant, mais de responsabilité égale à mon poste chez G1 ; et un poste chez GSC.

 

J’ai eu le poste chez G2. L’entrevue s’est bien déroulée, le volume de travail semble plus raisonnable pour le même salaire et l’équipe accueillante. Mais j’ai aussi été convoqué en entrevue avec GSC. 

 

J’ai discuté de la situation d’abord avec G2. J’avais envie de faire partie de l’équipe, c’était une très belle opportunité. Par contre, je rêve depuis un moment de plus de responsabilités et de diversifier mes horizons, ce que semblait proposer GSC en plus d’un meilleur salaire et de meilleures perspectives d’avancement. G2 comprenait. J’ai donc accepté l’offre de G2 conditionnellement à mon entrevue avec GSC. 

Bien entendu, G1 en a aussi été informé ainsi que GSC. Il s’agit d’une situation délicate et je souhaitais que chacun soit au courant des contraintes et échéances des autres, par respect.

 

G1 voulait annoncer mon départ de l’équipe le plus rapidement possible. Peu importe ma destination. 

 

L'annonce cette journée et l'entrevue avec GSC ont été pour le moins chaotiques. Un courriel envoyé trop tôt par G1, GSC qui me jure n'avoir jamais discuté avec G1 à propos de parcours atypique, et ajouté à ça le fait qu'il est impossible de faire partie de l'équipe de GSC sans diplôme spécifique en finances. J'ai eu l'impression, non seulement d'avoir avalé une couleuvre mais le vivarium en entier. Une expérience inoubliable! XP


Heureusement, je m’en vais dans une autre équipe. Je commence un nouveau défi. J’ai la chance de pouvoir changer d’air, et c’est exactement au bon moment. 

 

C’est un art de naviguer dans le monde corpo. J’apprends encore à colorier sans dépasser les lignes. Parfois, pour financer ses projets, avoir une paye, de la reconnaissance et des conditions de travail décentes, il faut essuyer des revers. Afin de préserver ses billes, toutes placées au même endroit et trouver une pelouse plus verte ailleurs ou du moins, avec des insectes moins piquants.


J'ai hâte de rencontrer ma nouvelle gang, l'histoire continue! 

Commentaires


bottom of page