8. La recherche de l’après
- Je m'appelle Émy
- 2 déc. 2024
- 3 min de lecture

Ça fait un petit moment que j’ai posté et actualisé ma page. C’est parce que je suis actuellement en vacances. Pour moi, les vacances, c’est un bref aperçu de ce que ma retraite sera. L’opportunité de tester des modes de vie pour l’après, et aussi de m’éloigner de la pression de performance du 9@5, et retrouver l’essentiel.
Ces dernières semaines, je vis sur un voilier. La vie y est plus rude et aussi plus magique que ce que j’avais anticipé.
C’est la première fois que je vivais sur un bateau. Le sentiment est étrange, c’est un peu comme vivre sur un hybride entre une tente-roulotte et un camping-car, mais flottant, en autonomie complète. Ici, on est en mouvement constant, qu’on le veuille ou non, nous sommes en constante correction de position, en train de grimper sur quelque chose, réparer, planifier, s’adapter, évaluer, réagir, colmater, vider, barrer, cuisiner, manger, hisser, soulever, économiser, etc.
Garantie, j’ai des abdos et des obliques maintenant tranchées au couteau! Du jamais vu! Hahaha!
Économiser. Nous avons actuellement une réserve d’eau non potable de 800L. Certains se diront que 800L c’est beaucoup! Au moins… Deux baignoires de coin et une petite baignoire d’appartement. Sauf qu’on est cinq adultes à l’utiliser, pendant 14 jours. Tout y est connecté à ces baignoires : la vaisselle, les toilettes, les douches, le lavage de plancher, le lavage de linge, le rinçage de lavabo après le brossage de dents, etc, etc. Vous imaginez les compromis que ça implique? Heureusement, par moment, il y a la pluie. Elle nous permet de faire certaines activités sans nous soucier de trop dépenser notre budget eau. Comme rincer les vêtements et nos cheveux de l’eau salée de la mer… Ou les oreillers détrempés de sueur… Ici, il fait 30C… la nuit!
La pluie a aussi sa contrepartie. Elle est bénéfique, mais vient aussi avec des vents qui provoquent la houle et s’infiltrent par des fenêtres un peu trop séchées par le soleil de plomb des années précédentes. D’ailleurs, mes deux premières nuits ici, je les ai passé à dormir en cuillère avec un plat pour retenir l’eau qui me coulait dessus autrement! Hahahaha!
J’aimerais vous faire prendre conscience du parallèle avec l’eau limitée sur un bateau et un petit budget financier. Chacun a une baignoire financière pour sa vie. S’il l’utilise au fur et à mesure, il n’y en aura plus pour laver le plancher le soir, où un convive, incroyable chef gastronomique, se fera surprendre par la houle et renversera de l’huile par terre…. Ce qui fera, par la suite, glisser tous les apprentis marins comme des patineurs inexpérimentés… 🛼 Bref. Mieux vaut avoir une réserve d’eau disponible en tout temps plutôt que d’attendre la prochaine pluie pour remplir un seau et nettoyer le dégât…
Sur cette métaphore financière, je me demandais sincèrement, puisque j’adore la voile, si c’était possible d’en faire un mode de vie pour l’après-retraite. J’aime l’idée du « slow tavel », de voyager avec sa maison et le faire en mode écolo et minimaliste. C’est qu’un voilier, c’est restreint en termes d’espace de rangement.
Malheureusement, après plusieurs jours en mer, je dois humblement avouer que ce n’est pas ma tasse d’eau salée. J’adore barrer en mer, participer à des plans de navigation, hisser les voiles, sentir le vent nous propulser, observer les multiples poissons et mammifères marins, etc, mais c’est aussi un peu trop rustique et houleux pour moi… J’apprécie plus que jamais mon confort, la possibilité de contrôler la température de mon environnement, sa propreté et… son calme. Ça m’aura aussi fait prendre conscience que le bruit et l’interaction constante avec d’autres humains m’épuisent, et que même armée de puissants Gravol, une mer houleuse me donne le mal de mer.
Bref, pour trouver une vie après le travail, selon moi, il est important d’explorer de nouvelles idées et de les tester en situation réelle, question de se projeter dans l’avenir, mais surtout, d’apprendre à mieux se connaître.




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