21. Le T-Rex qui m'a fait réfléchir à notre société de consommation
- Je m'appelle Émy
- 28 juin
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Dernière mise à jour : 28 juin

Je suis sortie faire des commissions et, en revenant avec mes légumes, spécifiquement choisis pour leur production locale et de saison, j'ai croisé un T-Rex.
Pas le dinosaure, mais le bolide trois-roues décapotable. Curieuse, je me suis demandé combien ça pouvait coûter.
Je suis tombée en bas de mes sandales : entre 72 000 $ et 87 000 $.
Confession : Je vis avec un budget d'environ 20 000 $ par année.
Par conséquent, ma vision de la consommation, du nécessaire et des besoins de base en est forcément teintée.
Sur le coup, je me suis dit : «Merde... La valeur de son véhicule secondaire qu'il utilise pour quelques petites balades d'été, pourraient me permettre de vivre confortablement pendant plus de quatre ans!»
J'ai eu un vertige. Qu'est-ce qui justifie l'utilisation d'autant de ressources par un seul individu? Et si c'était moi qui n'avais rien compris? Et si cette personne était plus heureuse que moi?
Puis... minute.
Je me suis mise à réfléchir.
J'aime ma vie. Ma vie a du sens. Je suis choyée de vivre dans un pays stable et j'entretiens des liens significatifs avec les autres.
Cette observation de mon propre monologue intérieur m'a déstabilisée.
Comment en est-on arrivé, comme société, à normaliser autant d'achats qui encouragent la surconsommation?
Quelques exemples d'achats normalisés, valorisés et même encouragés par notre société :
Les voitures de plus en plus grosses, remplies de technologies, qui demandent toujours plus de ressources à construire, acheter, entretenir et utiliser.
La multiplication des objets connectés. En a-t-on vraiment besoin?
Acheter des vêtements ou du tissu neufs. Je me demande pourquoi l'achat neuf est encore la norme alors qu'il existe déjà une quantité troublante de vêtements en circulation.
Les voitures de luxe. En tant que société, en a-t-on vraiment besoin? Une voiture nécessite l'extraction de ressources minières, l'utilisation de cuir, du transport, de l'entreposage, des produits pétroliers et de l'énergie à chacune des étapes de sa production. Pour un usage souvent occasionnel, est-ce que le coût environnemental et humain est réellement proportionnel au bénéfice?
Les cigarettes, le cannabis fumé et les vapoteuses. Dans les milieux densément peuplés (immeubles à logements, centres-villes, etc.), la fumée affecte aussi les personnes qui n'ont pas choisi d'y être exposées. Dans les milieux plus isolés, chaque mégot a le potentiel de contaminer plus de 1 000 litres d'eau.
Les aliments ultra-transformés. Je comprends qu'ils puissent dépanner lorsqu'on manque de temps, d'argent ou d'espace mentale. Malgré tout, leur place importante dans notre alimentation m'interpelle. Environ 46 % des calories consommées par le Canadien moyen proviennent de produits ultra-transformés. Je me demande pourquoi cette réalité est devenue si banale, alors que leurs impacts sur la santé et l'environnement sont bien documentés.
L'eau embouteillée. Au Québec, où l'eau du robinet est d'excellente qualité, pourquoi continuer à produire, transporter, entreposer puis gérer autant de plastique jetable? Il me semble que nous payons plusieurs fois pour un même service : une première fois pour notre réseau d'aqueduc, puis pour fabriquer les bouteilles, les transporter et finalement les récupérer ou les éliminer.
Je trouve étonnant que nous continuions sur ce rythme de consommation alors que, parallèlement, l'itinérance augmente, que les banques alimentaires débordent et que la qualité de notre environnement se dégrade.
Je n'ai pas la prétention d'avoir les réponses. Je consomme moi aussi. Je fais des compromis, comme tout le monde.
Mais je crois qu'on gagnerait collectivement à se demander non pas ce qu'on peut acheter de plus, mais ce dont on a réellement besoin, et quels sont les impacts de notre consommation quotidienne et questionner nos réflexes d'achat.
Et si je pousse la réflexion un peu plus loin encore : avons-nous vraiment besoin de nous comparer aux autres?
Et vous, avez-vous déjà croisé votre « T-Rex »?



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