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18. Des nouvelles d'Émy

  • Je m'appelle Émy
  • 6 avr.
  • 3 min de lecture

Bonjour lecteur.rices!


Il me semble que ça fait une éternité que je ne me suis pas adressée à toi. Je dois t'avouer que tu m'as manqué. Je n'avais pas la disponibilité mentale ni émotionnelle de t'écrire. Tu m'excuseras si tu le veux bien.


Ces six derniers mois n'ont pas été doux. Je te rassure cependant ; ils ont été, au moins, constructifs et formateurs.


Le deuil de mon poilu, mon diagnostic de neurofunky et une blessure sont venus chambouler pas mal de choses : mes convictions, ma routine, certaines relations aussi. Et ce diagnostic… Il a mis fin à une crise identitaire qui me collait à la peau depuis toujours.


La façon dont les gens autour de moi m'ont accueillie a mis en lumière plusieurs dynamiques qui, jusqu’à présent, passaient inaperçues ; noyées dans le bruit, ou enfouies sous d’autres préoccupations, habitudes et schémas relationnels. Outch.


Bref, ces événements m’ont forcée à m'ajuster, surtout sur le plan relationnel. C'était douloureux, mais nécessaire.


Par exemple, j’ai resserré mes limites et clarifié mon rapport à la consommation. Avant, j’essayais tellement de cacher mes nouveaux choix pour éviter les jugements, plaire, ne pas déranger, ne pas être rejetée… ou, pire encore, éviter que les autres se sentent jugés par mes décisions. Adapter mes activités et mes loisirs pour accommoder tout le monde me vidait. À un moment donné, il fallait arrêter de porter les émotions des autres sur mes épaules. Et je te confirme que ça n’a pas fait l’unanimité ;

« Tu bois pu ?! »

« Bien voyons! T’es donc bien rendue matante! »

« Bien là! Pas ta gang de course encore! Assis-toi pis relaxe ! »

« Je me sens tellement jugée quand tu me parles de ton budget là ! » « Tes chiffres, ça m’angoisse… ça se peut pas ! »

« Tu vas tellement t’emmerder pis faire une dépression à ta retraite, faut travailler ! »

« Depuis quand tu cuisines? Du pain?! Em, tu te prends-tu pour une mamie ?! »


Je comprends leur surprise : je n’avais jamais vraiment posé mes limites. Quand j’ai enfin réussi, c’était nécessaire… et maladroit.


On apprend.


Ces changements ont fini par déborder sur mon travail. Actuellement, il paie les factures et me permet d’épargner, mais il ne me stimule pas vraiment. Combiné à mon repli émotionnel, ça m’a laissée avec beaucoup trop de temps libre.


Pour explorer d'autres possibilités, j’ai ajouté un emploi à temps partiel à mon horaire.


Au début, c’était amusant. Mais travailler six jours par semaine, dont un 13 h et un 10 h, est vite devenu épuisant, surtout pour mon attention.


Mon objectif était de 3000$ puis de réévaluer si la situation me convenait. Je les ai faits ; et ce sont probablement les 3000 $ les plus durement gagnés depuis mes années étudiantes. Le travail au salaire minimum et en service à la clientèle, m’a rappelé des mauvais souvenirs. Ça a remis en perspective ma progression et ma chance : avoir pu terminer mes études, avoir la capacité de travailler et occuper un poste avec des conditions qui me conviennent, dont un salaire qui me permet de vivre et de poursuivre mon rêve de retraite précoce.


Ce n’est pas donné à tout le monde. Je le sais, et c’est profondément injuste.


Parlant de retraite, j’ai dépassé le cap des 147 000 $ en investissements, pour un actif net de 228 000 $. Comme quoi la constance finit par porter fruit, même dans des marchés turbulents. Je suis agréablement surprise ; et surtout, profondément reconnaissante de ma situation actuelle.


Je ne sais pas exactement où tout ça va me mener et pour l’instant, je me sens en paix avec ça.

 
 
 

2 commentaires


Etienne
07 avr.

Ton témoignage me touche énormément. Je sors de 6 mois d'arrêt de travail, décision difficile à prendre lorsque l'on vise l'indépendance financière de mettre fin à notre revenu. Cet arrêt de travail à été le point culminant d'un diagnostique de neurodivergence, apprendre à ne plus se masquer c'est énergivore, alors je comprends ce que tu vis. De mon côté, ça m'a permis de focaliser mon énergie sur les bonnes personnes et sur mes vrais priorités dans ma vie. Je te souhaite que ça coule bien à partir de maintenant.

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Je m'appelle Émy
12 avr.
En réponse à

Oh, difficile comme décision en effet… Prendre soin de soi maintenant ou endurer en misant sur un plus tard meilleur, ce n’est jamais évident 🤍

Je suis contente de savoir que ta décision t’a permis de retrouver plus de sens dans tes relations et de te rapprocher de ce qui te convient vraiment.

On dirait qu’on est plusieurs adultes à traverser un parcours similaire. Épuisement récurrent, arrêt de travail, camouflage, puis finalement un diagnostic qui vient expliquer et surtout nous autoriser, enfin, à être un peu plus nous-mêmes.

Tes mots me vont droit au cœur. Merci d’avoir pris le temps de m’écrire et de partager un bout de ton parcours avec moi. Je te souhaite aussi beaucoup de douceur et…

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