16. Liberté maintenant, payez plus tard (?)
- Je m'appelle Émy
- 19 oct. 2025
- 3 min de lecture

J'ai enfin mis la main sur la toute nouvelle édition du livre "La retraite à 40 ans" de Jean-Sébastien Pilote!
À mi-chemin entre le renouveau des données et un livre que je connais déjà par cœur, sa redécouverte me rappelle à quel point il est crucial d'être patient...
Il a travaillé et optimisé son projet pendant près d'une décennie et demie après tout!
Sacré exploit de patience et de rigoureuse régularité.
Je suis actuellement au tiers du parcours, et je me demande sincèrement si j'ai assez de ténacité pour faire la même chose.
Je suis fatiguée de jouer le jeu "corpo", d'avoir peu de responsabilités décisionnelles et de constater, de plus en plus souvent, que mon travail peut disparaître du jour au lendemain ; remplacé par une intelligence artificielle, une automatisation de processus... ou encore des coupes budgétaires, une restructuration d'entreprise.
Je cours ma rat race depuis maintenant 25 ans.
Au début entre travail et études, puis uniquement sur le marché de l'emploi.
Je n'ai pourtant jamais connu le chômage. J'ai cette très, très, très grande chance.
Mais ça ne m'empêche pas de sentir le vent tourner. Mais par où?
Ce soir, seule, dans mon trois et demi un peu défraichi et pas trop cher, avec la musique trop forte des voisins du haut comme ambiance, à peine enterrée par le rugissement du déshumidificateur obligatoire, je repense au discours du concierge de cet après-midi :
" L'immeuble est trop vieux, on va vous délocaliser pour rénover, je sais pas quand. "
Je me dis que ce n’est pas vraiment de ça que je rêvais, ado, comme vie d'adulte. Je me voyais plutôt avec deux chiens et un chum dans un joli condo immaculé avec une belle vue en hauteur.
Aïe.
Réalité, quand tu nous tiens.
J'ai le blues du voyage.
Je suis partie avec un de mes amis de longue date.
Avoir sa présence à mes côtés en presque continu m'a fait un bien fou dans l'instant présent.
Maintenant, j'ai l'impression qu'il s'agit d'une absence supplémentaire dont les souvenirs récents me narguent.
Pourtant, je ne suis pas mal.
J'ai un bon réseau amical que je vois souvent, différentes activités sportives en rotation, quelques soupers de planifiés par semaine, etc. De quoi être contentée.
En théorie.
Sauf que... L'ailleurs m'appelle encore.
Je me sens partagée entre l'aventure et la raison, entre la stabilité et le nomadisme, entre l'exploration et la routine.
J'ai l'impression d'être à une croisée de chemins.
D'un côté, le choix raisonnable : travailler tant que j'ai un emploi stable que je déteste pas trop, même s'il m'ennuie, mais n'est pas si mal payé. Épargner le plus possible, puisque ça me rapproche de mon but, et m'apporte dans l'immédiat une source de revenus fiable.
Vaut mieux un tien que deux tu l'auras... Comme on dit...
Ou... me lancer une fois de plus dans le vide et partir à l'aventure. Démissionner et rejoindre un autre continent pour apprendre une langue étrangère.
Ce move aurait un coût de renonciation énorme en repoussant ma retraite de manière significative. De plus, sans savoir si je trouverai un travail au retour, dans un contexte économique instable... Et si je devais dilapider une partie considérable de mon épargne et de mon projet...
Bref, bien des réflexions pour une heure aussi nocturne. Je crois que je vais aller discutailler avec les voisins à propos de l'intensité et de la ténacité de leur volume sonore...
En attendant, j'ai quand même le luxe fou de pouvoir me poser honnêtement ces questions-là. Il y a cinq ans à peine, je n'avais pas les moyens de le faire. Ça m'aurait laissé une impression de science-fiction.
Mine de rien, je commence à goûter au luxe de la liberté. 122 000$ de liberté et de choix à surfer.



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