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15. Ce texte n’était pas prévu au budget

  • Je m'appelle Émy
  • 29 sept. 2025
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 23 nov. 2025


Je n'arrive plus à écrire.


J’ai attrapé la maladie de la page blanche au décès de mon chien, et depuis, cette maladie me colle à la peau. C’est fou comme il me manque.

C’est drôle à dire, mais son absence prend beaucoup de place dans ma vie. Au moins deux fois plus que son enthousiasme habituel. Ce n’est pas peu dire.


Mais depuis sa disparition, tout a changé. Pourtant, j’avais bien des idées pour ce blog.

Aujourd'hui, j’ai plutôt envie d’être un Diodon holocanthus 🐡 qu’une blogueuse inspirée.


Dans les grandes tempêtes émotionnelles, il est parfois difficile de garder le cap.

Je me demande encore si j’ai trahi mon plan ou si c’était un acte salvateur : une rébellion pour calmer la peine, une soupape pour échapper à un quotidien devenu trop lourd.

Bref, j’ai fait une folie. Plutôt que de suivre sagement mon plan d’économie, j’ai booké un vol pour les vieux pays. Oups.


Je vous écris donc en direct d’une terrasse avec vue sur les montagnes, un chant intarissable de grillons dans les oreilles, pour vous dire que je n’ai plus rien à écrire… Je les envie, eux qui ont tant à dire. Quelle ironie!


J’avais pourtant un plan solide pour cette année : travailler, économiser, dormir, lire, voir des amis, cuisiner maison, limiter mon fardeau de taxes à l’épicerie en consommant uniquement des produits non transformés…Je n’avais pas prévu de budget voyage.


Encore moins pour plusieurs semaines…


Pour le décès de mon poilu, le travail m’a autorisé, à grand renfort de larmes, à prendre deux journées de congé. En m’expliquant que je ne pouvais pas prendre deux semaines de vacances en ce moment. Que c’était une concession pour mon bien-être qu’ils étaient prêts à faire. Une concession. Je leur dois beaucoup après tout… Mon appart, ma nourriture, mes vêtements…


Je trouve curieux à quel point je leur suis redevable. Ou obligée? À ce moment précis, j’ai senti une forme de traction plutôt désagréable.

Business is business, comme on dit… Mais ça dit quoi de notre empathie quand on sait qu’au Québec, la perte d’un proche, tel un conjoint ou un enfant, donne droit à cinq jours, dont seulement deux sont payés? Est-ce suffisant? Est-ce là toute la place que l’on veut donner au travail?


Bref, qu’à cela ne tienne : les refus de vacances pour "besoins d’affaires" ont une limite. J’ai vidé ma banque de vacances méticuleusement au premier relâchement, au même rythme que les derniers sous prévus pour mon moustachu. Vous souvenez-vous de son fond d’urgence ? J’en avais fait mention dans mon article numéro 4. Je n’ai pas tout utilisé. J’avais prévu d’en avoir de trop, de toute façon. Je ne voulais surtout pas en manquer, pour pouvoir lui offrir le plus de confort possible, tant qu’il pouvait en profiter.

Donc, j’ai utilisé le reste pour ma folie. Comme une amie m’a dit : c’est un peu comme s’il était avec moi en voyage…


Je suis partie quelques semaines avec un budget de moins de 2000 $. J’ai partagé les frais avec un ami, je lui en dois toute une d'ailleurs. J’ai négocié les prix aux marchés, et j’ai réduit la taille de mes valises à un sac à dos de 50 L pour éviter les frais de bagage enregistré.


Minimaliste comme à mon habitude, j’ai adoré l’expérience "backpacker" : uniquement le strict nécessaire. J’ai été surprise de constater, après quelques semaines, que certains objets et vêtements n’avaient toujours pas servi. Je pense, entre autres, à une robe, des gougounes, un masque de plongée et un tuba…Moi qui me pensais minimaliste en partant, j’avais emporté trop de choses finalement!


J’ai apparemment encore des croûtes à manger avec le fameux : « En as-tu vraiment besoin? » Au moins, c’est une bonne pratique pour les futurs voyages. :)


Pour en revenir à mon plan : j’avais espéré rediriger ce qui resterait du fonds d’urgence de mon chien vers mes comptes enregistrés habituels. Pour gagner un peu plus de temps. Faire en sorte de me libérer du travail le plus tôt possible.

Mais je me suis aperçue que j’oubliais l’essentiel. Toute chose a sa mesure, et l’instant présent a aussi sa place dans la planification financière. Que si je ne prenais pas soin de moi maintenant, mon futur ne serait pas plus rose.


En fin de compte, je n’ai pas suivi mon plan et plus je vous en parle, plus je me dis que c’était une bonne idée finalement. Après cinq ans d’investissement, j’ai choisi de m’octroyer ce luxe : celui du temps.


On n’en a jamais assez.


Sur ce, prenez soin de vous.












 
 
 

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